.......Ce soir, j’ai marché tard
Tard
Tard Jusqu'à ce qu’il fasse noir
et que la lourde érection des beffrois et cathédrales ne soit
plus altérée par la clincaille des néons publicitaires
j’ai marché tard, jusqu’à la peur de ces croyances
dressées
j’ai marché triste de la nonchalance du temps à ronger l’ordre
.......Chez moi, à Gent, il fait une
chaleur d’enfer ;
Au fond, ça n’a rien de vraiment étonnant : j’ai creusé
mon terrier à mi chemin entre le grand satan et l’axe du mal…..j’aurais
préféré le mont olympe, mais il parait que c’est
démodé.
A l’époque pourtant, les dieux lubriques, sadiques, pervers et
pédérastes damaient aisément le pion aux fantasmes humains,
mais depuis le temps les mœurs ont évoluées et les bachus,
les vulcains , les zeus etcetera ne font plus recette ;
les léda comme les europe font figure de midinettes
Les nouveaux dieux sont bardés de sagesse
Transpirent la bonté
Pour tout dire, très éloignés de ce qui motive mon existence……..
Sans la queue fourchue des gardes fous où trouverais-je une raison d’être
?
..........J’ai longtemps usé d’une
muse très « classe »
Bc Bg
Tailleur pied de poule collet monté
Baise main Balmain et tout l’bordel
Une muse très chaste qui t’nait sa place
Chez les chics, chez les mondains
J’ai longtemps biaisé sans enthousiasme
Une ouverture chez les bobo’s
Puis j’lai r‘filée au mont de piété
Pour me payer une sauvage
Qui d’mande rien
Mais qui connais les roches les sources et les ch’mins
Un p’tit amour nuage qu’a pas d’manières
Mais qui r’fuse de m’anger dans la main
.......... le monde est plein de poésie
dans le sens du poil,
d'un petit peu d'à r’brousse poil
mais la vraie,celle qui fait mouche c'est l'hérissée l'irascible
la fondue , la pliée, la soumise, la tordue , la menteuse , la dultère
,la larme, la scie ... reine (et ses mésanges) et celle qui navigue à
cache tampon
..........J’ai du manquer quelque chose …………..
Mais aujourd’hui je n’ai pas à
me plaindre
Ils m’ont laissé vivre,…… à contre cœur
c’est évident
J’avoue que ma place est discutable et mon rôle …
(je souligne ici que mon rôle n’a jamais été clairement
défini ; à la limite, à l’extrême limite bien
sûr , il est possible d’envisager que je sois tombé par hasard
au milieu du scénario)
Mon rôle …JE NE JOUE PAS ! , J’essaie de garder la tête
hors de l’eau un point c’est tout
D’ailleurs, je n’ai jamais joué
Tout gosse , je prenais les choses très au sérieux
J’ai toujours fermé ma gueule …………quelquefois
poussé à l’extrême, cassé celle des autres,
mais rarement trop rarement pour être souligné
Ce qui est étrange, c’est ce pressant besoin de respirer ( et l’énergie
dépensée pour y parvenir)
Les rares instants ou la logique prend le pouvoir, la solution logique est de
se laisser couler
À bien y réfléchir…………..
la vie et la logique sont incompatibles ………….
..........Mais faut-il goinfrer la grande gaviale
faut-il baffrer jusqu'à plus soif
faut-il bouder les artifices ,
et les bengales etcetera
faut-il scinder sans trances ,
plomber sans horloges
défroquer sans croyances
faut-il se mettre à l'oie et faire les cents pas
faut-il permettre l'inadmissible
et regarder de biais ?
........ je n'ai de respect que pour ces ordres
imperceptibles, microscopiques et fugaces ; la seules chose à faire est
de marcher ..... s'assoir , c'est mourir.
Bien sûr il arrive d'être obligé de croire...à la
découverte d'une petite tache ovale et estompée, juste à
coté de saturne ...Si l'on nous dit que c'est la galaxie M36 (je suis
plus sûr du numéro) alors provisoirement, je m'arrête et
rêve un peu..... à quelques millions de soleils et de planète
qui leurs font la cour pour avoir chaud....... ou même pas , l'attirance
est trop grande...........
je marche nu
....ou si peu vêtu......
le poids des carapaces et des croyances tue dans l'oeuf des tas de créatures
qui refusent de marcher aveugles
la raison d'être n'est pas de mon ressort , je ne suis responsable que
de la survie de ma carcasse et de celle de mes petits
.........Mais bon dieu, n’allez pas croire
que je parle du monde, je n’y connais rien ;
Je parle du mien, enfin, de sa partie visible, de son trop peu de terre, de
son trop peu de place ou poser mes pas, de son trop grand espace pour mes yeux
écarquillés
Je parle, c’est beaucoup dire ….
Je n’ai vu que les hanches de Liah danser
Et la frayeur, la sueur et l’angoisse de ces petites vies
Mais au fond, je n’ai rien vu
et censure pour survivre