illustration sonore : FOLIA

Je viens juste de restaurer mon écritoire;
en fait , le problème était de taille, il lui manquait une patte (rongée d'inquiétude. .peut-être? ou bien de solitude. .allez donc savoir....)
pour ce faire j'ai empilé un fragment d'arc boutant (du plus pur style gothique mais de taille réduite)deux fossiles d'ammonites, quelques ossements d'un chevalier mort en 1123( la date reste à vérifier, mais n'a aucune influence sur son passé glorieux )un disque dur et quelques barrettes de mémoire, un livre de chevet, de vieux souvenirs ,un testament périmé entouré de quarante trois milles huit cent quinze codicilles, un peu de bon temps et quelques faits divers , deux ou trois grosses colères , une petite fugue pour orgue positif, un C.D. de Miles Davis et quelques bricoles , ( je vous fait grâce de l'énumération.)
Le tout cimenté avec amour,
beaucoup d'amour

184/14
Ce matin, j'ai soulevé
(pourtant avec une extrême prudence)
un pan des ruines de ma mémoire.
Mais.....
Rien pour empêcher la chute de constructions utopiques ébranlées
Rien pour faire taire le tintamarre
les mots,(même soigneusement choisis)s'écrasent en flaques informes
(dérisoires étais d'une structure opaque d'autosuffisance)
.......il m'a fallu alors
dégager des décombres chaque parcelle, y compris celles qui, à
priori, auraient pu paraître insignifiantes, les tisser en longs
films transparents sur lesquels je me re-pose.

218/45
À plusieurs reprises (il m’est impossible d’en dire plus) oui, à plusieurs reprises j’ai cogné ma tête contre les murs
La seule chose absolument certaine, c’est qu’il n’y a pas d’hier soir
Vous ne pouvez pas le savoir bien sûr, Mais…… pas de contestation possible, la nuit était noire !
Vous pouvez toujours rétorquer que les deux putes faméliques officiant à l’étoile d’or n’étaient pas des illusions,
mais qu ‘en savez –vous bordel,
que vendent-elles ?
De l’amour ?
A vingt euros la passe
Cela vous suffit-il pour rendre les soirs crédibles ?

Il est tout de même un point sur lequel j’aimerais revenir
Cela peut évidemment vous paraître dérisoire, voir même désagréable, mais j’y tiens
Il est des signes tendant à prouver que cette non existence d’un soir n’est pas absolument certaine ; quelques indices auraient même tendance à démontrer le contraire !
Le visage trop pâle, le rouges, le noirs, (ce trop brillant noir fièvre refusant d’autres cibles,) ce regard qui vrille le ventre , le long chemin des jambes et puis surtout, surtout cette avidité qui griffe, ( que j’aurais rêvé caresse !)
Le râles rauques d’une jouissance qui même répétée jusqu’à la mort ne peut étouffer le sifflement tranchant de cicatrices ré-ouvertes.

il a fallu déchirer la peau et plonger pour étouffer le hurlement des hordes disséminées

Mais,
… le trop est évidemment une frontière infranchissable, ………


°³3/**
Vous est-il arrivé d’observer attentivement l’ouverture d’une fleur de la passion,
Non bien sur je ne parle pas des cinq premiers pétales (qui dans la solitude, bien avant l’aube , et le secret d’un rite humide s’offrent au jour) , mais des cinq suivants qui lorsque la chaleur devient insupportable, dans un déclic, s’offrent un à un, pistil tendu, provoquant le basculement des étamines trop longtemps retenues…….


***
n'importe qui à ma place aurait consulté sa montre,
passé une main sur son visage,
pensé à une éclipse,
Une nuée de sauterelles,
ou quelque nuage polluant inhabituel.
moi non
le sombre m'a effleuré sans vraiment m'atteindre
chaque détail pris à part avait toutes les caractéristiques de l'étrange mais formait un ensemble cohérent, indiscutablement cohérent
le mou du ciel à la limite de l'obscur,
la moiteur grasse de l'air,
l'acier bleu des façades, le rouillé des portails en retrait, l'usure glissante des pavés, le va et vient de petites frappes, l'étroit des ruelles et surtout, surtout l'écho très particulier du vide.


Temps-mort/Une aube

Tous m’on dit en avoir une, je veux bien les croire ,
Mais très honnêtement, je ne suis pas certain d’avoir une âme.
J’ai vainement cherché, mais n’en ai pas trouvé la moindre trace
De plus, j’ai l’impression qu’il ne me manque rien.
Chez-moi, le souffle s’engouffre de biais sous l’aisselle, …voir même un peu plus bas , traverse le cou puis la tête (qui légèrement s’incline )
Il m’arrive fréquemment de craindre la perte d’équilibre.
Mais jusqu’à ce jour, tout se déroule normalement


toutefois,

En sortant du supermarché, j'ai décidé de consulter
( il fallait mettre un terme à ces hésitations )
Le chirurgien n'a rien trouvé ; il m'a néanmoins fait un certificat
d'invalidité
« âme amputée » (écrit à contre cœur sur papier timbré)
quelques années auparavant je m `étais fais amputer de mes
certitudes ;
cette opération m'avait apporté le plus grand bien être !

Ah oui au fait
faut que je vous le dise :j'ai refusé le lavage alors tous les jours,
je me fais un massage de cerveau deux trois heure d'écriture…..
pas aux huiles essentielles non, chez moi y a rien de tel J'écris à l'encre Noire y'en a qui disent que c'est pas bon pour les idées mais je m’en fout
j'aime celles qui font tache


Ce soir / comme les autres,
le temps me tient la dragée haute

Confession
……….. à l'heure de la mer étale

Peter Paul, R. m'avait prévenu d'emblée :
"les risques son immenses !"
une analyse trop poussée ressemble à s'y méprendre aux pigments trop
finement broyés
( elle perd sa crédibilité comme les couleurs perdent leur éclat)
Mon côté éminemment fétichiste me permet d'enrichir chaque jour
davantage ma collection de fulgurances bleues
(il arrive que la passion en utilise quelques fragments à mon insu)
et si le pouvoir avait la moindre raison d'être,, il caresserait
doucement les deux chiens gardiens d'espoir couchés au pied des gisants

 

finalement,
j’ai maquillé un œil sarcastique
Et l’ai nommé dieu,
Je l’ai collé sur mon front
et visité le monde……

> LES ORDRES

< MOTS